SOMMAIRE CONFERENCES au CAP de Saint-Amarin

 

> Education : la révolution numérique s'impose à l'école… Elèves, enseignants, parents, sont confrontés à la transformation de l'instruction et de la pédagogie dans sa globalité.

> Menace sur la forêt française. La filière bois devrait en 2030 représenter 60% de l'objectif fixé par la Commission européenne des 27% d'énergie consommée d'origine renouvelable.

> Extractivisme. Exploitation industrielle de la nature : logiques, conséquences, résistances…

> Le cancer. L'envers des cartes. Avec le Dr Schwartz.

> Internet et libertés. Le loup est dans la bergerie". Article DNA du 6/10/2016.

> Le droit se meurt, ou la "dynamique du blaireau". Conférence : la théâtralité de la conférence gesticulée permet au public de pénétrer  avec acuité le domaine du droit appliqué historiquement, pour mettre en lumière le droit bafoué par ceux-là même qui le représente.

> Climat, Etat des lieux. Le 15 septembre 2015, animé par Mme Valérie Masson-Delmotte, coordinatrice au niveau mondial du 5e Rapport du GIEC sur les climats passés. Article DNA du 23/9/2015

> Planète état des lieux et perspectives d'action. Le 27 mars 2014 avec Dominique Bourg, auteur de "Ceci n'est pas une crise, mais un effondrement". Voir l'article de La Décroissance de février 2013 ci-dessous.

 

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La forêt : Or vert ou bien commun ?

 

Transition énergétique et transition écologique

Place de la filière bois / Etat des lieux et perspectives

 

Vendredi 6 octobre - 19h30  

Menaces sur la forêt française

Documentaire de Benoît Grimont et Samuel Luret

 

En présence de Frédéric Bedel,

responsable de SOS Forêts Lorraine

  La filière bois devrait d’ici à 2030, représenter 60% de l’objectif fixé par la Commission européenne des 27% d’énergie consommée d’origine renouvelable.

 Cette politique, largement subventionnée et privilégiée par l’Etat français, se révèle pourtant d’un rendement énergétique médiocre pour l’électricité : 30%.

Gardanne, projet pharaonique en tant que centrale biomasse cogénération (production de chaleur et d’électricité) n’est pas la seule.

 Plus proches, nous avons Strasbourg, Colmar, Saint-Louis,  Beinheim, Urmatt,, en Alsace.

Metz, Epinal, Forbach… en Lorraine.

 Toutes fonctionnent avec la combustion de bois. Quelles sources d’approvisionnement, avec quelles conséquences ?

De même, la forêt française sera-t-elle capable de supporter l’effort d’exploitation demandée… jusqu’à 20 millions de mètres cubes supplémentaires par an d’ici 2035 ? A quel prix ?

  Quels seront les effets sur la gestion sylvicole, les sols, la biodiversité,  le cycle de l’eau ?

Quelle est son efficacité quant à la lutte contre la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique ? Est-elle non polluante ? Est-elle créatrice d’emplois ?

 Entre aléas climatiques (canicules, tempêtes, feux de forêts, etc.), pression cynégétique, volonté politique de rentabiliser la filière bois énergie à tout prix… n’est-ce pas le temps de la déforestation qui semble se profiler ?

Le documentaire, à partir de l’exemple de la centrale de Gardanne, nous montre les conséquences du choix de l’énergie bois biomasse au niveau local et international :

 « De la France au Québec, en passant par l’Angleterre et les Etats-Unis, militants, élus locaux et scientifiques de renom témoignent. Ils nous révèlent les menaces que l’industrie biomasse fait peser sur la forêt

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Conférence du Dr Schwartz le 19 février à St Amarin.

 

 

 

Les articles des DNA et de l'Alsace

 

 

 

 Saint-Amarin - Conférence au CAP : Le cancer: l’envers des cartes.

 

 

 

 À quand des essais institutionnalisés ?

Le cancer, l’envers des cartes : la conférence du Dr Laurent Schwartz organisé par Thur Écologie Transport a déplacé plus de 700 personnes ce dimanche après-midi au CAP de Saint-Amarin. Les propos d’un scientifique honnête, sa peur, celle du public et un toujours troublant silence des institutions.

 

 

 

Le docteur Laurent Schwartz est un chercheur. S’il confesse qu’il aime la science et la rigueur mathématique, cela ne l’empêche pas d’être profondément humain. Et le fait qu’il se soit déplacé à Saint-Amarin pour une exceptionnelle conférence (il n’aime pas trop cet exercice) en est une touchante preuve : « J’ai dit oui à l’équipe de Daniel Walter (président de Thur Écologie Transport : N.D.L.R.) car ce sont des gens honnêtes, ce sont de vrais gens. » Durant plus d’une heure trente, il s’est appliqué, avec des moments de sourires, d’une profonde empathie, à aborder le délicat sujet d’une maladie qui fait, après trop d’années, toujours autant peur aux gens qu’au monde médical.

 

 

 

Des phrases chocs

 

Daniel Walter et son équipe ont su gérer de façon quasi professionnelle une demande débordante venue parfois de bien au-delà du grand Est. Une salle avec retransmission vidéo avait été ouverte. Un public très diversifié. Avec beaucoup de tact et d’humanité lors des questions du public, l’orateur n’a pas souhaité répondre devant la salle à des questions « trop intimes ».

 

Des médecins étaient également présents. L’un d’eux a insisté sur la nécessité de rester optimiste, sur le fait que la durée de vie rallonge. Le titre de la conférence Le cancer : l’envers des cartes , ainsi que le titre du dernier ouvrage du docteur Schwartz, Cancer : un traitement simple et non toxique , étaient suffisamment incitatifs et explicites pour comprendre que l’abord des méthodes de lutte contre « le crabe » sortiraient ici de l’institutionnellement correct. Alternatif ? Non, mais profondément scientifique. Effort plus que louable de l’orateur dans un domaine très spécialisé, des phrases chocs, des graphiques surprenants, ont conduit à l’essentiel des problèmes actuels. Pourquoi les recherches du Dr Schwarz, pour qui « l’espoir de voir le cancer classé maladie du passé », ont elles conduit à le mettre sur la touche ? Pourquoi ne pas considérer simplement, scientifiquement, le fait que le problème vient d’une cellule qui ne brûle pas son sucre, mais le synthétise et au lieu de donner de l’énergie fait de la masse, de la pression ? Pourquoi ne parvient-on pas à créer une cohorte institutionnalisée et donc reconnue pour la mise en place d’essais ? Dans la salle, des malades sous chimiothérapie auraient été candidats à une expérimentation.

 

 

 

Pourquoi des institutions drapées dans un incompréhensible silence ?

 

 

 

Des résultats « encourageants » sur des personnes « incurables »

 

Les recherches de ce médecin dont le parcours est des plus remarquables - major de promotion à la faculté de médecine de Strasbourg, major en oncologie à Harward, cancérologue de l’assistance publique des Hôpitaux de Paris détaché à l’école Polytechnique - conduisent à des résultats « encourageants » sur des personnes « incurables. ». « Je n’arriverai pas à sauver tout le monde, mais ce qui est retenu ce seront les errements de la science, car le système ne bouge pas. Il suffit de voir le cancer de façon simple », a-t-il confessé en aparté. Publiquement, il martèlera haut et fort le fait que « dans la prévention, je ne sais pas faire, ma vraie conviction est que le seul facteur prouvé est la vieillesse. Et là, on ne sait pas vraiment comment ça marche. »

 

 

 

De façon un peu radicale, Laurent Schwarz a éludé les causes qui pourraient être psychologiques ou héréditaires. Le sucre : ennemi numéro un ? Prudence et hygiène de vie restant les éternels leitmotivs. L’aspect humain reste omniprésent : « Nous avons peur, les malades vivent avec la trouille. Il faut savoir dire, parler, expliquer. » Et la chimio ? « Elle peut avoir de bons résultats dans certaines pathologies mais pas dans d’autres. » Face aux différents traitements : « Il y en a qui marchent, mais on ne sait pas comment. »

 

 

 

Coups de gueule

 

Les coups de gueule du docteur Schwartz sont poliment percutants et reçus différemment : « On n’a pas compris la biochimie de base, mais ça bouge. Il n’y a que les essais pour régler tout cela. » Et il y eut sa question à lui au public, comme une façon de le responsabiliser, de l’intégrer à sa démarche, à ses réflexions : « En tant qu’humain que voulez-vous ? Nous sommes à notre limite. Comment voulez-vous avancer dans le système ? » Sa quête est dans les fondements de son travail, de sa mission : « Il reste encore des obstacles à lever pour en finir avec cette maladie. C’est à la société civile de se saisir de cette opportunité. » En ouverture de son ouvrage, comme un cri, cette citation d’Albert Einstein : « La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent. »

 

 

 

 "Cancer : un traitement simple et non toxique." Les premiers succès du traitement métabolique, Édition Thierry Souccar.

 

 

 

 Jean-Marie Zipper - DNA 23/02/2017

 

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Conférence/Spectacle sur le Droit,

 

sur nos Droits, par Alain Bressy

 

ou « LA DYNAMIQUE DU BLAIREAU »

 

 

Ancien magistrat (ancien juge d’instruction et vice-président du Tribunal de grande instance de Bergerac) et activiste culturel, le « blaireau » résistant Alain Bressy se met en scène pour décrypter le monde complexe du Droit, des Libertés, de la Justice et, en résumé de la Démocratie.

 

Droit et Justice sont des mal-aimés. Dommage car ils sont les pilliers des libertés. Ainsi, tout au long de sa carrière, il est intervenu du CM2 à l’Université pour les expliquer. Mais à la démarche pédagogique initiale se sont greffés peu à peu des messages d’inquiétude et de colère qui l’ont poussé sur scène dès 2011. Depuis, l’urgence est devenue un Etat et le Droit élaboré en silence. La scène est plus qu’une leçon de choses…

 

Thur Écologie & Transports vous invite à venir VOIR et ÉCOUTER le spectacle d’Alain BRESSY   « Le Droit se meurt »

 

 

Le JEUDI 19 MAI 2016 à 20 h à Saint-Amarin - Salle du CAP

 

 

Le but d’Alain Bressy :

 

Expliquer, faire réagir, résister, réveiller les consciences !

 

La théâtralité de cette conférence gesticulée permet au public d’entrer facilement dans le monde, dans l’histoire du droit et de la justice pour mieux comprendre le désastre actuel. Dès lors, la peur de l’avenir, la peur de l’autre s’installent et le ciment de toute société –la cohésion sociale- s’effrite pour faire place à l’extrême ou à la désillusion. C’est pourquoi le Citoyen-Blaireau, solidaire par nature, se rebiffe au fond des bois…

 

 Contact : TET – 19 rue du Puits – 68550 Saint-Amarin

 

Tel : 03 89 82 14 75 – Courriel : thurecotransports@gmail.com

 

Entrée libre – Plateau à la sortie

 

Le Droit à l'envers et en s'amusant…

 

 

 

Je mens donc je suis …

 

 

 

… ou l’histoire d’un homme de Loi découvrant que les mensonges, qui font naturellement partie de son quotidien professionnel vont bien au-delà et gangrènent toute une société jusqu’à devenir, dans le même temps et le même espace, à la fois une réussite sociale pour le menteur patenté et celui de la justification du désespoir pour les victimes du mensonge (les promesses –mensongères- n’engagent que ceux qui y croient, disait un « tragédien politique » célèbre).

 

Le personnage se raconte les (finalement) petits mensonges du justiciable et puis, en une spirale hystérique, les monstrueux de nos sociétés, sitôt impunis, sitôt oubliés et qui pourtant, violentent encore plus le Droit.

 

Le Droit se meurt

 

 

Il n’y a pas de bonheur sans libertés et pas de libertés sans un droit pour les garantir et une justice pour les faire respecter. Depuis la révolution française, le législateur a construit en ce sens un système unique en Europe composé de droits personnels et collectifs, droits du quotidien.

 

Au nom d’une idéologie et de l’inéluctable Crise, le XXIème siècle s’est mis à les confisquer au peuple, silencieusement, jour après jour, en organisant, dans le même temps, la casse de l’institution judiciaire et celle du service public.

 

Et puis il y a les conséquences sur nos droits d’un état – durable - d’urgence à rallonge constitutionnelle… Les Français méconnaissent et même, mésestiment, Droit et Justice au point qu’il est plus facile pour les pouvoirs successifs de les déliter discrètement.

 

Pour rendre lisible une information aussi complexe, il fallait bien la forme magique et ludique du spectacle qui entremêle pédagogie et onirisme avec, en scène, l’histoire des institutions jusqu’à l’actuelle dérive et l’évocation symbolique du « Citoyen Blaireau », plus futé qu’on ne le dit, démocratie à rayures, qui se rebiffe, carrément et, au fond des bois, lance son appel contre la Grande Confiscation et l’Héroïque Reconstruction…

 

Un spectacle à recommander à tous ceux qui sont concernés par la Justice et le Droit, c'est-à-dire, en fait à nous tous. Puisque sans justice plus de société, du moins plus de société vivable et viable…

 

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DNA du 23 septembre 2015

Saint-Amarin - Le climat sur le devant de la scène Le changement, c’est maintenant

L’association Thur Écologie et Transports a invité Valérie Masson-Delmotte, coordinatrice au niveau mondial du 5e rapport du GIEC sur les climats passés, à parler du réchauffement. Dédé Barouin, dessinateur mulhousien, a émaillé la conférence de ses dessins en croquant très à propos les dires de la scientifique.

C’est une invitée de marque qu’a accueillie TET. Ingénieure, auteure d’une centaine d’ouvrages scientifiques et responsable d’un groupe au sein du Laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement à Saclay, Valérie Masson-Delmotte est une paléoclimatologue de renommée internationale.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), créé en 1988, dont elle a coordonné le rapport, permet de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade.

Coûteuses conséquences

La conférence-débat de Valérie Masson-Delmotte, très instructive, a été malheureusement trop peu suivie, au goût des organisateurs, notamment par les élus de nos vallées, pourtant invités. Elle était organisée dans la perspective de la COP 21, prévue début décembre à Paris, celle-ci devant aboutir à un accord international sur le climat permettant de contenir le réchauffement global en deçà de 2 °C. À condition que les États en décident ainsi…

Pour Valérie Masson-Delmotte, « le climat est un enjeu politique majeur. 1 000 chercheurs en France et 20 000 dans le monde s’appliquent à l’étudier avec transparence, rigueur et exhaustivité. L’accumulation d’énergie dans le système climatique est sans équivoque : beaucoup de changements observés sont sans précédents à l’échelle des dernières décennies à millénaires et ne sont pas dus à des phénomènes naturels ».

Avec simplicité, la scientifique explique que l’influence humaine sur les échanges de rayonnement entre la Terre et l’espace conduit à une accumulation d’énergie dans le système climatique.

« L’amplitude du réchauffement dépendra des rejets de gaz à effet de serre (gaz carbonique -CO²-, méthane --CH4- et protoxyde d’azote – N2O) dans l’atmosphère. Ces événements entraînent et entraîneront des effets en cascade catastrophiques (rendement agricole en baisse, fonte de la banquise arctique avant 2050, niveau des océans en augmentation, vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues, réfugiés climatiques, etc..).

« Être acteur du changement est une chance, pas un fardeau »

Si le tableau dressé très succinctement ci-dessus est pour le moins alarmant, Valérie Masson-Delmotte, pour répondre aux nombreuses questions d’un public attentif, a confié qu’elle « revendique d’être sceptique en remettant en cause, avec ses collègues chercheurs, toutes les données analysées ».

« Personnellement, je pense que c’est à chacun d’être acteur du changement, et que ceci est une chance et non un fardeau. La mobilisation doit devenir un plaisir d’être ensemble dans l’action. Nous nous devons d’accompagner les jeunes générations. L’innovation peut être un facteur de compétitivité sur lequel il faut jouer. Même si les États s’engagent modestement, je crois que la société civile peut montrer son engagement positif en innovant et en pesant sur le pouvoir politique ».

Si la COP21 aboutit à l’engagement des États en faveur de la limitation du réchauffement climatique, les problèmes de réchauffement ne disparaîtront pas pour autant : les rejets de gaz à effet de serre forment une courbe dangereusement ascendante qui mettra des décennies à se stabiliser.

TET : 19 rue du Puits 68550 Saint-Amarin 03 89 82 14 75 ; contact@thur-ecologie-transports.fr

Dimanche 11 octobre à 17 h au CAP de Saint-Amarin, projection du film « Le Tafta, libre-échange ou libres citoyens » suivie d’un débat animé par Richard Elsner coordinateur d’un réseau européen de PME

 

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"Planète,état des lieux et perspectives d'actions"

 

APRÈS LA CONFÉRENCE DE DOMINIQUE BOURG AU CAP DE SAINT-AMARIN

LE 27 mars 2014

 

UN ARTICLE DE "LA DÉCROISSANCE" SUR LE MÊME SUJET

 

 

Agir vite et fort, sans quoi le changement climatique produira de plus en plus d'« effets pervasifs, sévères et irréversibles » sur les sociétés humaines et les écosystèmes. C'est avec des mots inhabituellement forts que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a rendu public, dimanche 2 novembre à Copenhague (Danemark), la synthèse de son cinquième rapport.

Voici, pour l’occasion, ce que disait Dominique Bourg — que nous avions invité à St Amarin il y a quelques mois — dans une interview au journal « La Décroissance » :

Ex « pape » du Développement Durable, Dominique Bourg ne cesse de dénoncer ce qu’il nomme désormais une « farce ». « C’est la décroissance ou le clash », avertit-il. Un repositionnement qui nous intéresse d’autant plus que ce professeur de l’université de Lausanne, philosophe, auteur de nombreux ouvrages sur l’écologie est très présent dans les institutions gouvernementales et économiques et… vice-président du CA de la Fondation de Nicolas Hulot.

La décroissance : Plutôt que d’utiliser le terme omniprésent de « crise », vous insistez sur le fait que nous vivons une période d’effondrement. Pourriez-vous nous précisez ce que vous entendez par ce mot ?

D

ominique Bourg : Employer le terme de « crise », c’est supposer que l’on sorte d’une normalité pendant une période transitoire, ce qui peut durer quelques années ; puis que l’on retrouve un état de normalité, même si celle-ci peut prendre une forme différente de la situation antérieure. Aujourd’hui la période que l’on vit n’a rien à voir avec cela. Nous faisons face à une dégradation continue de la biosphère, un appauvrissement continu des ressources. L’ensemble des écosystèmes s’affaiblit. Nous entrons dans un goulot d’étranglement, sans aucune sortie à la normale possible. La crise est un concept qui est parfaitement inadéquat pour définir ce que l’on vit. Nous n’avons jamais connu une période aussi difficile dans l’histoire.

Pour apporter des réponses appropriées aux difficultés que nous traversons, il faut d’abord employer les bons mots pour les qualifier. Pour moi, il est clair que nous sommes dans une situation de pré-effondrement, comme l’a définie Jared Diamond dans son livre Collapse 1: car si la base matérielle se dérobe sous nos pied, c’est toute l’organisation sociale qui s’effondre. Tous nos modes de vie, toute la société repose sur des flux de matières et d’énergie sans cesse croissants. Or ces ressources sont envoie d‘épuisement et notre consommation d’énergie perturbe le système biosphère. Sans décroissance de ces flux de matières et d’énergie, on ne s’en sortira pas.

Quels sont les indicateurs de cet effondrement ?

Je vais d’abord parler des indicateurs matériels et de la relation énergie-climat. C’est une nasse à plusieurs niveaux. Aujourd’hui, il y a à la fois trop d’énergie fossile dans le sous-sol, et pas assez. Pas assez pour répondre à nos besoins croissants, mais trop au point de dérégler le climat. Avec l’exploitation des énergies fossiles non conventionnelles, comme le gaz de schiste, nous rejetons encore bien plus de CO2 qu’avec les conventionnelles, ce qui accélère les problèmes climatiques que nous connaissons. Quant aux sources d’énergie renouvelables, elles sont très gourmandes en matériaux : on construit des éoliennes ou, dans une moindre mesure, des panneaux solaires avec d’énormes quantités de minéraux, or tous les gisements sont en voie d’épuisement. Nous exploitons des filons de plus en plus profonds, avec une teneur moindre en minéraux, ce qui nécessite de plus en plus d’énergie pour les extraire. Ajoutez à cela le problème de la raréfaction de l’eau douce, l’effondrement des ressources biotiques, notamment des ressources de la mer, l’érosion des sols, l’acidification des océans… L’un des dangers majeurs qu’engendre ce basculement des écosystèmes, c’est la chute des capacités de production alimentaire. On l’a bien vu durant les dix dernières années : les sécheresses ont provoqué une diminution des récoltes dans des régions agricoles importantes, comme la Russie ou les Etats-Unis. La possibilité d’un effondrement devient à terme très claire.

Quels sont les autres révélateurs du chaos actuel, sur les plans sociaux et moraux ?

Nous atteignons des niveaux d’inégalité jamais vu dans l’histoire. Jusqu’à la révolution industrielle, aucune région du monde n’était deux fois plus riche qu’une autre. Car les sources énergétiques étaient limitées : les muscles des hommes, des animaux, le bois, le vent, les cours d’eau… Il ne pouvait donc pas y avoir d’énormes différences entre les sociétés. Mais aujourd’hui, pour donner un exemple, le Qatar est 428 fois plus riche que le Zimbabwe. C’est une situation inédite : jamais les richesses n’ont été aussi mal réparties, concentrées entre les mains d’une minorité. Jamais les écarts n’ont été aussi importants.

On arrive à l'extrême de ce à quoi peut aboutir l'individualisme forcené. L'insensibilité à la souffrance d'autrui est maximale. Et le pire c'est qu'elle est justifiée, légitimée une minorité peut tout à fait accaparer les ressources de la planète et nuire aux autres. On a fini par perdre complètement de vue que le sujet dépend de la relation avec autrui. Le moi repose sur des liens, ce n'est pas une entité séparée, distincte. Le déni de nos liens aux autres devient faramineux, et c'est une des raisons de notre décrépitude morale.

D’après vous comment le clash pourrait-il se manifester dans les années à venir ?

J’ai étudié la question de la démocratie écologique : comment faire en sorte de revivifier les institutions pour faire face aux enjeux actuels. Je n’ai pas de modèle tout fait, je ne sais pas quelle forme définitive elle pourrait prendre. Les institutions dépendent de nos manières d’être et inversement : elles s’influencent mutuellement. La pénurie matérielle va nous contraindre à revoir notre organisation, nos valeurs, nos modes de vie en profondeur. Pour amorcer la pompe, je propose dans mes livres d’impulser des modifications institutionnelles. Plus on attend, plus il sera difficile de faire face. Si le sommet de Copenhague avait abouti, il était prévu de diminuer de 3% les émissions mondiales de CO2, chaque année, même si cela aurait été très difficile à atteindre. Imaginons que la conférence de Paris réussisse en 2015 : la mise en œuvre de cet accord à partir de 2021 exigerait pour le même objectif de contenir la hausse de la température moyenne du globe en deçà de 2°C à la fin du siècle, une réduction moyenne de 6 à 9%.

Je réfléchis à trois scénarios dans mes recherches : la démocratie écologique par le changement institutionnel ; une démocratie écologique qui reconnait la vulnérabilité de la société globale et qui encourage des expériences originales, des modes de vie alternatifs, des initiatives locales marginales qui pourraient être des laboratoires intéressants pour la société de demain ; et le troisième scénario c’est de penser la société de l’après effondrement, car il est probable qu’on se casse la gueule. Même si le pire n’est jamais certain. Je ne m’appelle pas Madame Soleil, mais si je voulais m’amuser à faire des prévisions, je pourrais dire qu’on risque de vivre un mélange entre le délitement de Rome, qui a pris des décennies, et le XIVème siècle, quand se sont déroulés à la fois la guerre de Cents Ans, le petit âge glaciaire et la peste noire qui a fait des ravages et a occis un tiers de la population affamée… Un mélange de ce type nous pend au nez. Avec les données dont nous disposons, cela fait partie des scénarios possibles.

Vous parlez de refonder la société autour d’initiatives locales. Mais cela parait difficile aujourd’hui, avec un système technicien qui nécessite des institutions centralisées.

Les monastères étaient méprisés par les élites de Rome. Mais ces expériences ont permis de poser des jalons nouveaux. La société qui s’est reconstruite autour des monastères, ce n’est pas une société qui est devenue un grand monastère : elle aurait disparu et nous ne serions pas là pour en parler ! Même si ces initiatives restent minoritaires et ne se généralisent pas forcément, ce sont des lieux d’expérimentation importants : on met en place de nouvelles manières de vivre, de s’organiser, de produire, d’échanger. Aujourd’hui avec notre niveau de technicité, l’organisation est décentralisée, complexe. C’est l’un des points noirs possibles : si l’effondrement est général il sera difficile de faire de la permaculture à coté des réacteurs nucléaires… William Ophuls2 évoque la possibili­té de refonder de petits États, sur une base rousseauiste : ses positions sont intéressantes. Il faut réorganiser la société, en redéfinissant nos valeurs communes, tout en sachant qu'on part toujours d'un héritage. L'histoire montre que des peuples ont su se ressaisir et prendre à bras-le-corps des situations d'effondre­ment. Mais dans ces périodes, on en passe souvent par des débuts qui ne sont pas toujours désirables...

En présentant la décroissance comme notre destin inéluctable face au déclin des ressources matérielles, comment parvenir à fédérer, à convaincre d'op­ter pour cette voie ?

Il ne peut pas y avoir de société éco­logique s'il n'y a pas une population qui l'accepte, la comprenne et la désire. Les gens doivent désirer leur mode de vie : c'est fondamen­tal, sinon c'est un dictateur qui impose des choix. C'est là que rési­de tout l'enjeu. Et on en est loin. Il est probable que nous ferons tout pour maintenir le système actuel le plus loin possible, « jusqu'à la der­nière goutte de pétrole », comme l'annonçait déjà Max Weber en 19173. Notre société actuelle ne peut pas fonctionner sans flux de matières et d'énergie abondants et bon marché, elle s'écroulerait sans cet apport continu. Mais nous n'avons pas conscience de la néces­sité de la décroissance. Si un réfé­rendum était organisé sur la ques­tion, la population n'opterait pas pour la décroissance. Il y a un déca­lage total entre ce que les personnes pensent et le monde dans lequel on se trouve. L'actuel gouvernement en est la parfaite illustration : croire que les taux de croissance des Trente Glorieuses peuvent réappa­raître en Europe, c'est pathétique.

Je sais que vous, dans votre journal, vous faites de la décroissance un idéal social, un but à atteindre pour vivre beaucoup mieux. Je n'ai aucun doute que nous pouvons fonction­ner mieux avec des flux matériels moindres, en mutualisant, en parta­geant. Je partage ce projet poli­tique : comment créer une société plus solidaire, plus juste, sur cette base. Mais il faut le reconnaître, cette position de la décroissance n'a pas d'impact, elle est très minoritai­re. La société n'en veut pas, elle trouve le terme négatif et n'entrevoit pas la possibilité d'un bien-être accru et matériellement plus light. Je n'ai pas la même posture que vous, nous avons une stratégie de discours différente même si les deux approches se complètent. Je suis plus académique dans mes travaux, plus observateur, je réfléchis aux différents scénarios susceptibles d'advenir, j'imagine des change­ments institutionnels pour mettre en  place une démocratie écologique en essayant de la rendre désirable et positive. Mais je reconnais que c'est tout aussi modeste et que mon suc­cès est tout autant limité. Je ne sais pas comment les gens vont adhérer à un tel projet politique et trouver un sens à l'écologie, un mieux en rédui­sant les flux de matière et d'énergie. Depuis trois siècles, on est formaté - pour accumuler toujours plus; pro­duire plus et consommer plus, vous et moi y compris. Entre le temps nécessaire pour nous dé-formater et la rapidité des événements, un clash est tout sauf impossible. Des scéna­rios de guerre sociale sont envisa­geables, avec un minimum de gens qui s'approprient la majorité des richesses.

Pouvez-vous rappeler pourquoi vous considérez désormais le développe­ment durable comme une farce ?

 

Le développement durable a complè­tement échoué. Le rapport Brundtland avait donné pour but de réduire les inégalités de richesses et les problèmes environnementaux ; or les unes comme les autres se sont démultipliés. Dès le départ, c'était voué à l'échec : croire qu'on peut continuer indéfiniment comme avant, comme si on pouvait rendre compatible la raison économique, qui est le règne de l'égoïsme de cha­cun, avec la préservation de l'envi­ronnement et le partage des biens communs, c'était totalement illusoire. Le développement durable a accompagné la vague néolibérale. Certains y ont cru, moi y compris. Je me suis trompé, je suis le premier à le reconnaître.

Il faut au contraire cantonner l'éco­nomie, la contrôler, nous avons besoin de régulation étatique forte. Face à l'urgence de la situation, il y a notamment un verrou institution­nel à supprimer, c'est la création monétaire : les États empruntent au secteur privé et ne créent plus 'direc­tement la monnaie. L'endettement est la conséquence directe de l'affai­blissement du rôle de l'État. Cette dette colossale empêche les investis­sements nécessaires pour une transi­tion énergétique, comme la réhabili­tation du bâti ou l'agro-écologie. Or ce sont là des mesures urgentes, indispensables pour faire bouger les consciences et les choses.

Propos recueillis par Pierre Thiesset

 

1 - Jared Diamond, Effondrement, Gallimard, 2006.

2 - Auteur américain, il étudie les transforma­tions sociales et politiques nécessaires à une prise en compte de l'écologie. Ses ouvrages, notamment La Revanche de Platon, n'ont pas été traduits en français.

3 -L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme, Non, 1964.

 

 Article paru dans la revue « LA DECROISSANCE » n°96 février 2013

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Vous y trouverez : infos techniques, pétition, modèle de lettre, liens…

 

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 Pour lutter contre la pollution produite par le CO2, tout en  permettant à toutes & à tous de se déplacer, exigeons la gratuité du transport collectif

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CONFÉRENCE SUR

LE CANCER

avec le Dr SCHWARTZ

Au CAP de Saint Amarin

 

La vidéo de la conférence est disponible sous l'adresse :

 

https://viméo.com/206601189

 

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Un article du Site REPORTERRE:

En Alsace, la plus grande nappe phréatique d’Europe est menacée par les « déchets ultimes » de Stocamine

 

Dans le Haut-Rhin, 500 mètres sous terre, les galeries s’effondrent lentement sur les 44.000 tonnes de déchets hautement toxiques du centre de stockage Stocamine. Les habitants se mobilisent pour que ces rebuts soient extraits avant qu’ils ne contaminent la plus grande nappe phréatique d’Europe. Mais la préfecture pourrait prochainement autoriser leur ensevelissement définitif.

 

A LIRE SUR REPORTERRE du 13 mars 2017.

 

En Marque-page :   En Alsace, la plus grande nappe phréatique d’Europe est menacée par les « déchets ultimes » de Stocamine

 

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Voir aussi en rubrique "Ecologie et Santé", l'article suivant:

 

> STOCAMINE: La déclaration de l'association aux commissaires enquêteurs contre l'enfouissement des déchets et les effets prévisibles sur la nappe phréatique

 

> dans la même logique pour la protection de l'eau: la décision du comité de Bassin Rhin-Meuse: anticiper pour ne pas subir l'influence climatique (DNA du 7/12/2016)