Audrey Vernon : « Le mode de vie capitaliste est incompatible avec la vie sur Terre »

11 janvier 2018 / Entretien avec Audrey Vernon

  

 

 

« Comme l’écologie s’est mise à m’obséder, ma seule solution, c’est d’en faire un spectacle. » La comédienne Audrey Vernon a créé « Écologie : maintenant, il faut se battre » pour porter ce message et soutenir Reporterre. Ce spectacle sera présenté lundi 15 janvier et vous êtes invité(e)s. Son but n’est pas de déplorer, mais d’agir ensemble. Rencontre avec une comédienne qui s’engage.

 

Audrey Vernon est comédienne. Elle est l’auteure et l’interprète de plusieurs spectacles mêlant humour et politique, dont Comment épouser un milliardaire, Marx et Jenny, ou Fukushima, Work In Progress. Surtout, elle a créé un spectacle en soutien à Reporterre, qu’elle jouera avec Marianne Denicourt, le lundi 15 janvier prochain sur la scène de la Maison des métallos, à Paris :

Écologie : maintenant, il faut se battre.

 

 

Reporterre — Comment en êtes-vous venue à l’écologie ?

Audrey Vernon — Tout est parti de la pièce Comment épouser un milliardaire. Pour préparer le spectacle, j’ai lu le livre d’Hervé Kempf Comment les riches détruisent la planète, qui m’a beaucoup marqué et a façonné mes convictions. J’ai aussi beaucoup étudié les entreprises détenues par des milliardaires, comme Apple ou Zara : derrière ces firmes se cache toujours une catastrophe écologique. Les vêtements fabriqués en polyester qui finissent en microparticules de plastique dans l’océan, les terres rares et autres composants toxiques des smartphones… Le mode de vie capitaliste est incompatible avec la vie sur Terre.


Crise sociale et écologique sont imbriquées…

Pour gagner de l’argent et faire du profit, les riches transforment la planète en matières et en objets. Sans brûler du pétrole, sans développer l’aviation, c’en est fini de cette croissance économique dont les actionnaires sont si avides. Les travailleurs, eux, demandent juste de quoi vivre de leur travail dignement, ce qui est la chose la plus naturelle… mais aussi la chose la plus dénigrée actuellement. On trouve normal que les actionnaires veuillent faire des bénéfices, mais on critique les travailleurs quand ils demandent leur dû.


Comment est né ce spectacle, « Écologie : et maintenant il faut se battre » ?

J’aime beaucoup lire en public. Sur scène, les mots résonnent différemment. Or, les textes d’auteurs et d’auteures écologistes sont méconnus et peu entendus. J’ai eu envie que le public entende ces paroles-là, et de les mettre en parallèle avec les données brutes du péril écologique : les chiffres de la pollution, de l’extinction de la biodiversité, du changement climatique.

Quand j’ai travaillé sur Fukushima, c’était très déprimant comme matière mais, pour ce spectacle, c’est pire ! En fait, Fukushima, c’est partout. Les sols, l’eau, l’air sont pollués. Les plaies du capitalisme sont omniprésentes, seulement, elles sont moins visibles qu’à Fukushima, alors on s’en rend moins compte.

« Chacun regarde ailleurs. On est en train de faire ce que l’on reproche aux générations passées de n’avoir pas fait, d’avoir laisser faire. Au contraire, il faut réagir, se battre, résister ! »

Quand je demande à mes proches de ne plus m’offrir de vêtements en plastique, ils ne comprennent pas, ils ne savent pas forcément que le polyester vient du pétrole. Je me suis rendue compte que je saoulais mes proches (rires). Je suis hypersensible : quand un sujet me touche, il m’obsède, je ne pense plus qu’à ça, je ne parle que de ça. Et comme l’écologie s’est mise à m’obséder, ma seule solution, c’est d’en faire un spectacle. Plutôt que de harceler mes proches, je me suis dit, pourquoi ne pas saouler le public ?


Le spectacle est donc constitué de lectures de textes d’auteur.e.s écologistes — Paul Watson, Jerek Densen, Hervé Kempf, Pierre Ronsard, Vandana Shiva, Armand Farrachi, Fabrice Nicolino et Lierre Keith — que vous avez choisis. Quels messages souhaitez-vous porter à travers ces textes ?

Le message est un peu abrupt : si on ne fait rien maintenant, on n’a rien à redire aux collabos qui n’ont rien fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Chaque jour, des crimes sont commis — même s’ils n’ont pas la même forme que ceux du passé —, le capitalisme tue. Par exemple, la marque Uniqlo utilise des biocides dans la fabrication de vêtements anti-transpirants, ce qui peut causer des leucémies.

Mais, chacun regarde ailleurs. On est en train de faire ce que l’on reproche aux générations passées de n’avoir pas fait, d’avoir laisser faire. Au contraire, il faut réagir, se battre, résister !


Vous parlez d’état de guerre écologique. Y a-t-il un peu d’espoir dans ce spectacle, ou est-ce une tragédie ?

Maintenant que j’ai traversé ces textes, je me sens plus optimiste. Si on arrive à être plus nombreux et plus fédérés, on peut combattre. Il suffit que la majorité de la population le décide pour qu’en cinq minutes tout ça s’arrête. Si plus personne ne prend l’avion, nous pouvons réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre. Bien sûr, ça demande quelques sacrifices : j’ai refusé une date en Nouvelle-Calédonie car je ne veux plus prendre l’avion tant que ce ne sera pas un moyen de transport propre [Audrey Vernon a lancé une pétition Stop Flying Now]. De même, il suffirait que plus personne n’aille dans les Apple Store, pour que la firme, qui pratique l’évasion fiscale, s’effondre. Le point de basculement dont parle Susan George est devant nous. De plus en plus de personnes prennent conscience de ce qui se passe, il en faudrait peu pour que tout bascule.

« Depuis que nous sommes tout petits, on nous apprend à être des consommateurs, à être productifs. »

Avec ce spectacle, j’espère être une petite goutte d’eau qui fera déborder certains vases. L’art peut faire changer les mentalités. Le péril écologique est quelque chose de complètement nouveau et de très exigeant. Il nous demande d’arrêter de consommer et de produire, or nous n’avons pas été élevés pour ça : depuis que nous sommes tout petits, on nous apprend à être des consommateurs, à être productifs.


Il n’est prévu qu’une seule représentation de « Écologie : et maintenant il faut se battre ». Certaines de vos pièces, comme celle sur Marx, n’étaient à l’origine que de simples lectures : avez-vous envie que ce spectacle soit reproduit et soit diffusé ?

J’attends de voir le résultat sur scène lundi, mais j’ai le trac ! J’ai la chance que des acteurs que j’admire aient accepté d’y participer, comme Marianne Denicourt.

Ensuite ? Ces textes pourront être lus par d’autres, dans d’autres villes, c’est un corpus qui peut circuler. Il y aura aussi une captation vidéo, et ces images pourront être diffusées.

Surtout, j’ai fait cette soirée pour qu’elle soit un soutien à Reporterre, pour que les gens s’abonnent. Nous avons besoin d’information, mais l’information a besoin de nous. Nombre de médias sont détenus par des milliardaires qui n’ont d’autres intérêts que de vendre leurs marchandises. Arnault, Bolloré, Lagardère… Ils détiennent les clés du système médiatique, mais ils sont aussi en train de racheter des théâtres, ils payent des actrices pour qu’elles deviennent leurs égéries. Il faut faire attention car bientôt, on ne pourra plus faire d’art que si on vend en même temps des produits stupides. Et on ne pourra plus faire de l’information que si l’on promeut des produits stupides.

C’est pourquoi je suis heureuse que Reporterre existe, et heureuse de faire cette soirée, qui nous a demandé à tous un gros investissement. J’espère qu’en retour, il y aura plein de nouveaux lecteurs !

  • Propos recueillis par Lorène Lavocat

 

https://reporterre.net/Audrey-Vernon-Le-mode-de-vie-capitaliste-est-incompatible-avec-la-vie-sur-Terre

 

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VICTOIRE EN DEMI TEINTE POUR ANTOINE DELTOUR,

LORS DE L'AUDIENCE EN CASSATION AU LUXEMBOURG

 

13 Janvier 2018

Cette réaction d’Antoine a été publiée originellement le 11 janvier 2017 sur son compte Facebook. Son comité de soutien la republie en tant que tribune.

    Ça y est, j‘ai gagné ! Quoique, normalement, ce qu‘on peut gagner, c‘est une partie, une bataille… Mais je n‘ai rien mené de tout cela. J‘ai seulement exercé ma citoyenneté. Est-ce vraiment une victoire d‘obtenir de ne pas être condamné pour avoir seulement exercé sa citoyenneté ? En tout cas, j‘en suis très heureux, vraiment, c‘est un soulagement. Et je suis très reconnaissant envers les nombreux soutiens, c‘est une victoire collective. Mais à mon avis, cette victoire est la simple application du droit, soit précisément ce qu‘on demande depuis le début.

    Et encore, le marathon judiciaire n‘est pas tout à fait fini. Je suis renvoyé devant la Cour d‘appel. Je m‘y rendrai, tranquillement, pour être jugé sur un mini-bout ultra-périphérique du dossier. En fait, je suis parti de la boîte avec des tax rulings (les LuxLeaks), mais aussi avec des diaporamas de formation. Tout le monde le fait et je n‘en ai pas ouvert un seul, mais peu importe. Je vais peut-être recevoir une condamnation résiduelle pour ça. On pourrait aussi m‘arrêter pour avoir traversé au rouge en allant au tribunal. S‘ils n‘ont que ça, je suis bon joueur et accepterai de jeter l‘éponge.

    Ma joie est aussi atténuée par le rejet du pourvoi de Raphël Halet. D‘après la justice luxembourgeoise, il ne serait pas un lanceur d‘alerte à cause de l‘intérêt insuffisant des documents qu‘il a révélés. Ces derniers ont pourtant permis de faire tout un numéro de Cash Investigation. Et ils ciblent des entreprises comme Ikea et Amazon qui sont actuellement dans le viseur de la Commission européenne… J‘exprime donc toute ma solidarité envers Raphaël. Il va maintenant poursuivre le combat devant la Cour Européenne des Droits de l‘Homme. On suivra ça de près.

    On le sait peu mais la protection européenne des lanceurs d‘alerte existe déjà. C‘est la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l‘Homme. Dans mon cas, pour en obtenir enfin la pleine application, le chemin a été très long (et nous ne sommes pas encore tout à fait au bout). Il aura fallu se battre devant trois instances et collecter de nombreux dons de soutiens anonymes (merci à vous !). Pour éviter à l‘avenir de telles difficultés à d‘autres lanceurs d‘alerte, et surtout à ceux moins visibles qui n‘ont pas la chance d‘être autant soutenus, il est urgent d‘adopter une directive européenne. Cela permettrait de protéger les lanceurs d‘alerte bien plus directement que par la Convention Européenne des Droits de l‘Homme. Nos représentants au Parlement Européen poussent déjà très fort en ce sens. Il faut maintenant lutter contre l‘inertie de la Commission européenne et de certains États membres. Pour cela, la pression de l‘opinion est indispensable.

    Enfin, maintenant qu‘on a presque fini de parler du sort des lanceurs d‘alerte, on va peut-être enfin pouvoir se ré-intéresser au fond de l‘affaire. Et j‘ai justement quelques réflexions à partager:

        Les révélations LuxLeaks 2 de décembre 2014 sont tombées dans l‘oubli alors qu‘elles impliquent TOUS les grands cabinets d‘audit, y compris les concurrents de PwC.
        Le Luxembourg, qui a brillé dans sa communication post-_LuxLeaks_ (« ce sont des pratiques du passé, nous avons fait beaucoup de progrès depuis ») continue à s‘opposer à l‘harmonisation de l‘impôt sur les sociétés, contre l‘avis même de J.C. Juncker.
        Malgré quelques avancées en faveur de la justice fiscale, les recettes de l‘impôt sur les sociétés continuent de diminuer en Europe comme la banquise au pôle nord. Et les bénéfices des multinationales grimpent comme le niveau de la mer aux Maldives. C‘est le résultat de la course vers le bas qui découle de la concurrence fiscale.
        La succession des scandales, et surtout les Paradise Papers, me font peu à peu douter qu‘on arrive un jour à mettre de l‘ordre dans tout ça.
        Enfin, à mon avis, nous ferions mieux de mobiliser notre temps de cerveau disponible pour atténuer l‘effondrement et construire l‘après. Car l‘espèce humaine ne va pas pouvoir continuer longtemps à détruire son propre milieu de vie sans un rappel à l‘ordre assez brutal.

    Désolé pour ce dernier hors sujet, mais au final, c‘est tout ce que j‘aurai gagné dans cette affaire : un peu de notoriété pour continuer à alerter sur les sujets qui me préoccupent.
    Et bonne année !

    Antoine Deltour

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Lectures

Nanos assassines ?

 

PES était présent à la conférence de presse du 9 novembre dernier à Thann (68), initiés par ACCÈS (1) et la Confédération paysanne de la contrée. Il était temps, un éleveur bovin du village de Roderen (proche de Thann) découvre en 2014 que certaines de ses bêtes étaient souffrantes… Mortellement ! Peu à peu, c’est tout le troupeau qui est atteint, mais de quoi ? Les analyses vétérinaires, tout comme celles des autorités n’ont pas donné de résultats. En 2015, les pouvoirs publics sont alertés et la ferme reçoit de nombreuse fois les services de l’Etat. ACCÈS et syndicalistes tiennent plusieurs réunions avec la DDCSPP (3), entretiennent le contact avec l’ARS (santé régionale), pendant que l’ASPA (4) analyse l’eau, l’air et des poussières. En vain, rien de rien ne sera décelé dans la ferme et ses environs.

Pourtant, vaches, veaux, génisses, périssent l’une après l’autre… Fin 2014, le cheptel de 150 bêtes avait entièrement disparu. Et les frais vétérinaires avaient explosé, passant de 4000 € par an à 15 000.

 

Si le cas intéresse et préoccupe peu les médias français : uniquement présents, le quotidien L’Alsace et Radio bleu, une journaliste du plus grand et du plus influent hebdomadaire allemand d'investigation Der Spiegel, et Milou (2) accompagnaient l’ONG d’outre Rhin : Pingwin Planet (5). Enfin, un correspondant de Reporterre (6) était également très à l’écoute. Il y a de quoi, alors que la nanotechnologie a envahit le quotidien de toutes et tous (aliments, outillages et matériaux divers, etc.), ses effets sur la santé ne sont pas bien connus, si ce n’est par des écologistes qui « décidément dénoncent tous ce qui est propre au progrès technique ». Car il n’est pas aisé d’analyser les conséquences liées aux nanoparticules (7), d’abord par ce que les industries utilisatrices ne peuvent qu’en dire du bien. Ensuite, un laboratoire indépendant n’aura pas le matériel nécessaire pour dénicher et étudier des nanoparticules dans un corps quelconque (seuls trois microscopes à électrons équipent toute l’Allemagne) et que cela coûte fort cher. D’où la longue période pour cerner en profondeur le cas de Roderen.

Un site industriel chimique de Thann (PPC & Cristal) situé à quatre Km à vol d’oiseau, pourrait, peut-être, être le responsable de l’hécatombe. Cristal aurait produit du matériel nanométrique de dioxyde de titane entre 2005 & 2013, notamment pour la fabrication de peintures autonettoyantes.

 

En 2016, des analyses approfondies seront opérées dans la ferme et ses environs : dans un filtre collecteur à particules, a été découvert un grand nombre de nanoparticules de dioxyde de titane et quelques particules de tungstène. Les analyses ont encore permis de trouver un peu de cérium (métal servant de revêtement intérieur des cheminées de l’usine).

Le service sanitaire des bovins d’une université Bernoise (Suisse), a examiné le troupeau entier de façon plus intensive… De plus, deux vaches laitières malades ont été euthanasiées, leurs organes ont été analysés par le service pathologique de l’université. Ces analyses patho-histologiques ont démontré des modifications dans la trachée et les poumons, dû à des particules de baryum.

Vu qu’aucun élément dans la gestion de la ferme n’a été trouvé qui aurait pu causer ces dégâts, la cause provient forcément de l’extérieur et alors que virus, bactéries, microbes ne peuvent être la cause de la perte de 150 bêtes, puisque les résultats cliniques sont restés négatifs. Par contre, les analyses du fourrage ont également décelé du baryum. Quant au tungstène, il n’a été mis en lumière qu’au début 2017.

La quantité des diverses nanoparticules varie selon les périodes (rejets, météo). De fortes quantités des divers métaux à la taille nanométrique ont donc été trouvées, dans l’ensilage d’herbe, sur la surface du sol, et même jusqu’à un mètre de profondeur (carottages), dans les poumons des bêtes euthanasiées, etc. La preuve est faite que l’infection a bien une provenance atmosphérique, étalée sur plusieurs années.

Par contre, il est impossible d’incriminer l’industriel : les chercheurs n’ont, jusqu’à aujourd’hui, aucune preuve irréfutable qui puisse engager sa responsabilité. Il n’empêche, la dizaine de militants-es de Pingwin Planet est reparti de la conférence, direction la Suisse, au siège social de l’entreprise (celle-ci est d’ailleurs en vente), afin de tenter un échange avec sa direction, que celle-ci avait auparavant décliné.

 

L’intérêt ici de développer ce cas, est qu’il pourrait bien être le premier scandale industriel lié aux nanoparticules. Si, les effets néfastes de ces rejets sont disséminés un peu partout en toute « clandestinité », la raison provient de la grande délicatesse de mette à jour ce type de pollution. N’acquière pas un microscope à électron qui veut ou qui peut. Pourtant, tous et toutes, doivent s’interroger d’un danger, qui pourtant date : voilà des années que des écolos et chercheurs s’inquiètent des conséquences des industries produisant/utilisant/déversant des nanoparticules en importante quantité.

 

Pollution industrielle à Fos (13)

Une étude réalisée auprès d’une partie des habitants de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône en 2016, montre que la pollution industrielle fait exploser le nombre de maladies dont les cancers, le diabète ou encore l’asthme.

Menée par une équipe universitaire interdisciplinaire, elle s’est attachée à recenser les pathologies dont souffrent les habitants de deux villes entremêlées avec les usines. Pour vérifier la présence ou non d’un problème sanitaire, les chercheuses ont décidé de confronter les taux relevés sur place à la moyenne nationale.

Sur les personnes consultées, 11,8 % ; ont eu un, ou plusieurs, cancers, contre une moyenne française de 6 %. Les cancers chez les habitants interrogés y sont quatre fois plus élevés que la moyenne nationale, un habitant sur cinq en souffre ou en a souffert.

Les femmes, touchées trois plus qu’ailleurs. 14,5 % des femmes interrogées ont été ou sont concernées par la maladie contre une moyenne nationale de 5,3 %. Les cancers du sein et de l’utérus, en particulier du corps de l’utérus (l’endomètre), sont les plus communs. La piste environnementale résidentielle et une plus grande vulnérabilité des femmes à certains polluants perturbant le fonctionnement hormonal ou affectant des organes qui le régulent reste l’explication la plus probable.

Parmi les causes évoquées se trouvent la consommation des poissons et coquillages potentiellement pollués aux PCB (polychlorobiphényles), des plastiques cancérigènes, la pollution atmosphérique, mais aussi, comme ce fut le cas pour l’amiante, le « nettoyage à la maison des bleus de travail encore imprégnés des « poussières » et polluants des expositions professionnelles des hommes du foyer.

Explosion de diabète : les habitants interrogés en souffrent plus que leurs compatriotes : 12,9 % déclarent être concernés contre 5,2 % au niveau national.

La piste des perturbateurs endocriniens a été envisagée, en toute logique, tout comme elle est à présent envisagée par les spécialistes dans chaque congrès d’endocrinologie. Sont également soulignées les préoccupations de médecins de Port-Saint-Louis sur le nombre d’enfants atteints de diabète. Le rapport relève également 15,8 % d’asthme chez les adultes contre 10 % en France. Particularité, la moitié des répondants l’ont déclaré à l’âge adulte. Or, les études les plus récentes suggèrent aussi un rôle des polluants atmosphériques dans le déclenchement de l’asthme lui-même. Dans deux quartiers de Fos, 20 % des interrogés souffrent d’asthme (8).

 

De cette affaire, France Culture, dans sont journal du 16/11, évoque l’absorption de microns particules (1/1000° de mm) de poussières industrielles. Une cellule de la taille d’un micron peut pénétrer un corps par ses pores, peut être moins aisément qu’un nano, mais quand même ; cette déviance sanitaire (vu que l’Etat préfère regarder ailleurs) renvoie bien au scandale de l’amiante, toujours pas enterré : le principal industriel (Eternit) n’a jamais été poursuivis par la justice française. On peut affirmer que Big pharma (Voir le PES précédent) a encore de beaux jours à venir…

 

Ce n’est qu’un début…

Aujourd’hui, Pascal Wolfersperger a perdu son cheptel, il survit en produisant du fourrage qu’il revend, alors que les crédits pour la modernisation de sa ferme (salle de traite aux normes, nouveau bâtiments, etc.) ne sont pas à terme.

Pour lui, le combat continue ! Et pour les populations concernées, il s’annonce… Toutes les recherches pour prouver que le bétail est bien victime d’une pollution nano technologique, provenant d’un industriel proche n’a pas encore aboutis, patience, patience… Affaire à suivre…

 

(1) Actions citoyennes pour une consommation écologique et solidaire.

(2) Milou - Research & communication, média alternatif d’investigation.

(3) Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations.

(4) Association pour la surveillance et l’étude de la pollution atmosphérique en Alsace.

(5) http://pingwinplanet.fr/index.php/accueil.html

(6) https://reporterre.net/

(7) Les nanotechnologies reposent sur la connaissance et la maîtrise de l’infiniment petit. Elles regroupent l’ensemble des techniques qui permettent de fabriquer, de manipuler et de caractériser la matière à l’échelle nanométrique.  L’unité de référence du nanomonde est le nanomètre (nm). Le préfixe nano vient du grec nanos qui signifie nain. Un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre (1 nm = 10-9 m = 0,000000001 m) soit approximativement 1/50 000 de l'épaisseur d'un cheveu humain (figure 1 de la ED 6050).

(8) http://lachainedevv.com/pollution-industrielle-a-fos-deux-fois-plus-de-cancers-de-diabete-et-dasthme/

 

JC, le 19/11/17.

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Bure, la bataille du nucléaire, Gaspard d'Allens / Andrea Fuori

Un sarcophage gigantesque censé tenir des dizaines de milliers d’années ! C’est au nom de ce projet fou, qui serait le plus grand chantier d'Europe, que Bure, entre Meuse et Haute-Marne, se transforme en zone grillagée et quadrillée de gendarmes. Pour l'industrie nucléaire, ce territoire relégué serait l'exutoire ultime des déchets radioactifs qui s'accumulent et dont elle ne sait que faire.

Sur place, les habitants sont de plus en plus nombreux à s’insurger contre la transformation de leur région en « poubelle atomique». Depuis deux ans, des dizaines de personnes s'installent sur place, occupent une forêt, bloquent les travaux. La nouvelle bataille du nucléaire est lancée, pour empêcher de croire que cette industrie peut continuer sans risque, réinventer des manières de vivre et lutter, imaginer d'autres possibles pour ce pays.

Dans cette enquête où l’engagement vécu se mêle au regard journalistique, Gaspard d’Allens et Andrea Fuori n’écrivent pas un livre de plus sur le nucléaire, mais l’histoire en train de se vivre d’une rébellion déterminée contre la violence du monde industriel. Ils révèlent aussi les méthodes manipulatrices des nucléaristes, et la façon dont l’Etat achète les consciences pour imposer le silence. Le combat vaut d’être mené : ce récit impétueux et pourtant réfléchi convainc qu’il est possible de faire reculer les puissants.Plutôt que la contamination radioactive, parier sur la contagion joyeuse d’une force de résistance.

Gaspard d’Allens est journaliste. Il a déjà publié Les Néo-paysans (Seuil-Reporterre), avec Lucile Leclair, un livre qui a révélé l’importance d’une passionnante mutation agricole, et qui connaît un grand succès.

Andrea Fuori s'est installé à Bure il y a plus d'un an, complètement bouleversé par ce qui s'y jouait. Il écrit occasionnellement pour Reporterre et des médias autonomes.

 

 

Sciences humaines

Date de parution 26/10/2017
12.00 € TTC - 160 pages
EAN 9782021377095

 

Disponible en version numérique
E-Pub - 8.49 € TTC
EAN 9782021377101

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Pour prolonger la conférence du vendredi 18 octobre "l'homme augmenté" tenue à St Amarin, l'excelente revue "Cités" donne à lire dans sa dernière livraison un dossier complet sur le sujet intitulé : "Aujourd'hui, le post-humain" . Voici quelques extraits de l’article d’introduction de Yves Charles Zarka, Professeur à la Sorbonne, chaire de philosophie politique. :

"Le post-humanisme est déjà là, aujourd’hui, dans les pratiques technologiques et les représentations du futur : l’homme se croit devenu à ce point maître de lui-même qu’il peut se faire autre que lui-même, se recréer différent, plus puissant, plus performant, plus beau, plus intelligent, enfin plus parfait »(…) " A celui-ci serait substitué un corps artificiel, fait de matière inaltérable ou en tout cas substituable. Rêve ou cauchemar ? Toute la question est de savoir ce qui dans le post-humanisme relève du fantasme et ce qui relève de la réalité." (…)Dans le monde machinique, lire, c’est faire, défaire, refaire. Au point extrême, on comprend donc qu’il ne s’agit plus de découvrir les secrets de la nature ou de la nature humaine mais de refaire ce que la nature a mal fait, non seulement les plantes (les OGM par exemple), les animaux (sélection artificielle), mais aussi les hommes (le post-humain). Il n’y avait vraiment aucune raison pour que ce dernier échappât à ce perfectionnement quitte à ce qu’il devienne méconnaissable, mais tellement plus accompli. Le monde machinique du post-humanisme, où la machine augmente l’homme ou se substitue à lui, réalise, mais en le renversant complètement, (…)

A lire donc, de toute urgence !

 

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Nanos assassines ?

 

Un éleveur de vaches laitières d'Oderen a perdu tout son cheptel !

Des nanos particules, infectant les bêtes, seraient à l'origine du désastre.

Lire le dossier dans la rubrique A lire… A voir…

 

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La 6° édition

du festival du cinéma engagé.

 

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A lire… A voir…

Du 12 au 26 nov 17

 

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Des bénéfices en pleine santé !

 

Dans la rubrique Santé, un aperçu de comment la loi du fric s'impose dans le monde de la santé

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Vous refusez les compteurs CPL et notamment le compteur Linky

 

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Vous y trouverez : infos techniques, pétition, modèle de lettre, liens…

 

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CONFÉRENCE SUR

LE CANCER

avec le Dr SCHWARTZ

Au CAP de Saint Amarin

 

La vidéo de la conférence est disponible sous l'adresse :

 

https://viméo.com/206601189

 

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Un article du Site REPORTERRE:

En Alsace, la plus grande nappe phréatique d’Europe est menacée par les « déchets ultimes » de Stocamine

 

Dans le Haut-Rhin, 500 mètres sous terre, les galeries s’effondrent lentement sur les 44.000 tonnes de déchets hautement toxiques du centre de stockage Stocamine. Les habitants se mobilisent pour que ces rebuts soient extraits avant qu’ils ne contaminent la plus grande nappe phréatique d’Europe. Mais la préfecture pourrait prochainement autoriser leur ensevelissement définitif.

 

A LIRE SUR REPORTERRE du 13 mars 2017.

 

En Marque-page :   En Alsace, la plus grande nappe phréatique d’Europe est menacée par les « déchets ultimes » de Stocamine

 

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Voir aussi en rubrique "Ecologie et Santé", l'article suivant:

 

> STOCAMINE: La déclaration de l'association aux commissaires enquêteurs contre l'enfouissement des déchets et les effets prévisibles sur la nappe phréatique

 

> dans la même logique pour la protection de l'eau: la décision du comité de Bassin Rhin-Meuse: anticiper pour ne pas subir l'influence climatique (DNA du 7/12/2016)